Texte et traductions
Le président Giscard dans l’embarras
Bokassa (ex-empereur) menace d’ouvrir une « boîte de Pandore »
L’arrestation de Roger Delphey, l’un des héros des combats d’Indochine, accusé de s’être entendu avec l’ambassade de Libye à Paris pour nuire à la politique et à la position de la France en Afrique, continue de susciter une grande curiosité.
Diverses sources soutiennent qu’une figure bien particulière est principalement mêlée à l’affaire : Bokassa, l’empereur déchu de la République centrafricaine. Bokassa, qui se trouve actuellement en résidence surveillée en Côte-d’Ivoire, entend se venger du président français qui l’a « abandonné ». Les autorités françaises, pour leur part, sont naturellement fort embarrassées depuis que l’hebdomadaire satirique Le Canard enchaîné a commencé à publier des documents sur les cadeaux en diamants de Bokassa à Giscard.
Delphey avait autrefois noué des liens assez étroits avec le régime de Bokassa. À présent, affirment les sources, 40 lettres signées par l’empereur déchu ont été découvertes dans son appartement. Delphey comptait publier un livre sur l’affaire centrafricaine, qu’il avait déjà proposé à un éditeur français et à un journal américain.
Bokassa lui-même envoie ces jours-ci à diverses personnes à travers le monde des photographies « embarrassantes » de lui avec Giscard et d’autres dirigeants de « cette belle époque ». Avant le dernier sommet franco-africain, il a envoyé aux chefs d’État africains des lettres détaillant les « services » qu’il avait rendus à Giscard. Il écrit ses mémoires et une partie de ces documents pourrait bientôt être publiée, avec des photographies, dans différentes langues.
Outre ses projets de vengeance contre Giscard, l’empereur déchu s’adonne à la boisson de manière chronique. Il a acheté d’énormes quantités de boissons alcoolisées aux États-Unis et de vins en France, et passe la plupart de son temps ivre. À plusieurs reprises, il a attaqué ses gardes et, une fois, a même réussi à s’emparer du pistolet de l’un d’eux. Giscard, de son côté, semble très inquiet de ce comportement, à l’approche de l’élection présidentielle dans son pays.
Récemment, Bokassa a appelé le domicile d’un journaliste de Paris Match et lui a promis de le rappeler à neuf heures du soir afin de « tout lui raconter ». Ce soir-là, à huit heures, le téléphone du domicile du journaliste a été mystérieusement coupé, et la ligne n’a été rétablie que le lendemain matin.
La providence s’acharne-t-elle contre les projets de l’ancien empereur — ou s’agit-il ici d’une providence tout à fait particulière ?
Gainsbourg frappe encore
Le chanteur-compositeur aux sept scandales, Serge Gainsbourg (sur la photo), ne se repose pas sur ses lauriers. À peine les échos de son affaire de « Marseillaise » sur un rythme reggae s’étaient-ils apaisés que Gainsbourg a décidé de faire ses preuves aussi comme écrivain.
Son livre Eugène Sokolov vient de paraître chez le célèbre éditeur français Gallimard, qui est notamment à l’origine de la publication des livres de Sartre et d’Albert Camus. Sujet du livre : la solitude de l’artiste.
Mais les causes de la solitude du peintre Eugène Sokolov sont tout à fait singulières. Cet homme, pour s’exprimer avec délicatesse, dégage des odeurs et produit des bruits désagréables ! L’essentiel du livre est consacré à l’analyse minutieuse de la composition des différents gaz liés à sa personnalité, y compris des armes toxiques.
C’est le directeur de la maison d’édition, Claude Gallimard, qui a pris la courageuse décision personnelle de publier le livre de Gainsbourg, contre l’avis de ses lecteurs et de nombreux membres de son honorable lectorat. Et « Les Parfums d’Eugène Sokolov » ont été lancés dans le monde avec grand éclat.
La douce vengeance de Jean Elleinstein
Le célèbre historien juif Jean Elleinstein, exclu des rangs du Parti communiste, a décidé de s’assurer une indépendance financière afin de poursuivre son combat contre la direction du parti.
À cette fin, il a mis ces jours-ci aux enchères des documents de grande valeur en sa possession, parmi lesquels des lettres authentiques de Trotski et du général de Gaulle, des manuscrits de Gide et de Sartre, des journaux rares, et bien d’autres choses.
Certains s’attendent à ce qu’une bonne partie des documents soit achetée par le Parti communiste — et qu’il se retrouve alors à entretenir son plus grand adversaire intérieur...
Le poignardeur de poitrine est de retour
Un déséquilibré, connu sous le surnom de « poignardeur de poitrine », est revenu, comme chaque printemps, terroriser les Parisiennes. L’homme, apparu pour la première fois en 1975 et jamais arrêté, a l’habitude d’attaquer de jeunes femmes et de les poignarder à la poitrine à l’aide d’une seringue ou d’un instrument similaire.
Le printemps, saison où les Parisiennes portent des vêtements légers et découvrent leurs épaules, annonce l’arrivée du poignardeur. Sa première victime de l’année était une jeune femme de 22 ans, qu’il a attaquée dans un ascenseur et qui a dû recevoir des soins médicaux.